La vérité est que pour les descendants d’esclaves, l’homosexualité évoque d’abord les pratiques de certains colons, ou de leurs contremaîtres à l’encontre de leurs jeunes esclaves mâles. Pratiques qui avaient un caractère sexuel, bien sûr, mais qui étaient aussi le signe de leur condition humiliante dans la mesure où les esclaves n’avaient pas, de fait, le droit, de refuser les sollicitations des blancs.
C’est pourquoi le mariage homosexuel horrifie ben davantage les Antillais que les Africains pas enthousiastes certes, mais moins indignés.
Que l’homosexualité – et particulièrement la pédérastie qui veut dire, on le sait, en grec la relation érotique avec des enfants ou des adolescents, ait partie liée avec l’esclavage, constitue une des grandes réalités de l’histoire, aujourd’hui occultées, d’autant moins étonnante que la relation homosexuelle est rarement égalitaire.
Occulté également, le fait qu’elle ait été presque toujours dans le passé l’apanage des classes dominantes – et, souvent contraint et forcé, de leur environnement ancillaire. Combien de villages français au temps de Proust où on ne savait même pas de quoi il s’agissait ?
Pratiquement inconnue des sociétés primitives, relativement égalitaires, ignorant d’autant plus l’esclavage qu’on n’y laissait guère aux prisonniers la vie sauve, l’homosexualité apparait en Grèce et à Rome, non point aux temps primitifs, mais à l’époque de la puissance, dans des sociétés où l’esclavage est très répandu, surtout chez les plus riches.
Avoir à sa disposition un giton de condition servile, est alors rarement puni chez les jeunes aristocrates en mal d’amours juvéniles. Les initiations hétérosexuelles avec une jeune esclave existent aussi mais elles sont plus surveillées, aucun grand lignage ne souhaitant multiplier les bâtards. C’est pour cette raison que, de manière notoire, de personnages comme Alexandre, Pompée, Jules César furent bisexuels (pas Auguste en revanche, mais tous les successeurs de ce dernier : Tibère, Caligula, Claude et Néron). Ils n’étaient pas les seuls. Initiés, dans leur prime jeunesse grâce à des esclaves, les aristocrates grecs et romains pouvaient aussi avoir des relations homosexuelles avec des pairs : ce fut particulièrement le cas, on le sait, dans l’Athènes des Ve et IVe siècles.
Le recul de l’esclavage et l’avènement du christianisme (parallèle à l’apparition d’un paganisme tardif plus rigoriste) font reculer l’homosexualité à la fin de l’Antiquité.
A escravatura e a homossexualidade
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